À voir : « Chocolat », l’exposition.

Oublié du grand public, le clown Chocolat fut le premier artiste noir à accéder à la célébrité en France, à la fin du 19e siècle. Parallèlement au film Chocolat actuellement projeté dans les salles, une exposition qui vaut vraiment le détour lui est consacrée à la maison des Métallos à Paris.


Au travers de témoignages, articles de presse, courriers, photographies et autres, il est possible de découvrir le destin singulier de Rafael Padilla (nom de famille donné à titre posthume), alias Chocolat, dans une magnifique rétrospective qui lui est dédiée à la maison des Métallos dans le XIe arrondissement de Paris. Outre sa carrière couronnée de succès, on apprend qu’il fut également le premier clown d’hôpital en France, expérimentant ainsi la thérapie par le rire. Certains films, documents sonores et affiches publicitaires font plonger le spectateur dans l’ambiance et le contexte de l’époque, forçant non seulement l’admiration pour cet artiste complet, mais également le regret qu’il soit si longtemps tombé dans l’oubli.

L’exposition présente différentes caricatures renseignant sur le racisme ordinaire et le mépris flagrants à l’égard des Noirs dans une grande partie de l’opinion publique à la fin du XIXe siècle. À titre d’exemple, on peut y découvrir une déconcertante affiche publicitaire où le clown Chocolat apparaît littéralement « blanchi » par la marque de savon « La Hêve ». Sans fard ni angélisme, l’exposition amène à réfléchir sur la condition de l’homme noir de l’époque, laquelle transparaît également dans le duo qu’il formait avec le clown britannique Foottit à l’apogée de son succès parisien. On constate ainsi aujourd’hui, avec le recul historique, combien ce duo traduisait ironiquement et avec force la volonté de domination de l’homme blanc et colonisateur sur l’auguste homme noir.

Grâce à une importante documentation iconographique, cette exposition constitue un complément indispensable au visionnage du film réalisé par Roschdy Zem. Elle peut être visitée gratuitement jusqu’au 28 février 2016, à la maison des Métallos, 98 rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris.

Pour plus de renseignements : maison des Métallos.

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